Aménagements provisoires, le temps du bilan et des modifications

Conséquence de la crise du Covid19, la communauté urbaine et la ville de Limoges ont eu le courage de proposer de nombreux aménagements en faveur des modes de déplacement alternatifs à l’automobile.

Le but était de garantir de bonnes conditions sanitaires dans les déplacements, tout en évitant un report massif sur l’automobile. Cette démarche est en cohérence avec le Plan de Déplacement Urbain (PDU) qui vise à réduire la place de l’automobile au profit des modes actifs (marche, vélo, trottinette, etc.) et des transports collectifs, pour des raisons de santé et d’environnement.

Les mesures prises ont été les suivantes sur la commune de Limoges:

  • Pacification de l’hypercentre qui devient une « zone de rencontre » limitée à 20km/h,
  • Créations de voies de bus autorisées aux vélos,
  • Création de bandes cyclables, parfois en partage avec les piétons.

Au final, une douzaine de kilomètres d’aménagements nouveaux ont été réalisés à l’aide de peinture jaune et de balises de chantier.

Ce n’est pas grand chose, mais c’est un grand pas pour des mobilités alternatives jusqu’alors très peu considérées dans notre agglomération.

Ce n’est pas grand chose, mais c’est suffisant pour bousculer les habitudes et aggraver la congestion automobile, déjà bien engagée, aux heures de pointe dans le centre-ville.

Ce sont des tentions passagères inévitables qu’ont connu, depuis une vingtaine d’années déjà, toutes les grandes villes qui ont fait leur transition vers une mobilité plus durable.

Tiraillés entre la volonté de moderniser et les pressions contestataires, les élus doivent se prononcer sur la pérennisation de ces aménagements qui restent provisoires.

Ils semblent tenir bon jusque là, même si des suppressions d’aménagements sont annoncées:

  • La voie réservée aux bus et vélos sur la place d’Aine doit être effacée. Elle est trop étroite pour la giration des bus qui ne peuvent l’emprunter, dans les virages,  s’il y a des voitures sur la voie adjacente. Le bus se retrouve donc bloqué avec les voitures, ce qui pénalise son temps de trajet. La remise en double voie devrait favoriser l’écoulement, permettant au bus d’accéder à la place d’Aine via sa voie réservée sur l’avenue Gambetta qui est conservée (autorisée aux vélos).
  • La portion  de voie bus/vélo créée sur le boulevard Louis Blanc, à partir du Lycée Gay-Lussac, doit également être effacée. La concentration, sur une seule voie, des flux en provenance du boulevard Georges Périn (prolongement de Garibaldi) et du boulevard de Fleurus, crée en effet une congestion qui empêche le bus d’arriver sur son aménagement dédié et lui fait perdre du temps.

Ces aménagements étaient confortables et sécurisants pour les cyclistes, mais nous comprenons que la logique n’est pas de pénaliser les transports en commun. Nous comptons sur la promesse des élus disant que tout aménagement supprimé donnerait lieu à une nouvelle création.

Nous demandons à ce que, simultanément aux suppressions envisagées, soient mises en œuvre les améliorations évoquées avec les services de Limoges métropole concernant les aménagements qui vont demeurer.

Nous attendons une concertation plus fine et la prise en compte des propositions de l’association. En effet, le projet de modifications des marquages ne tiennent pas compte des remarques de sécurité que nous avions fait remonter sur les risques de cisaillement,  à savoir améliorer:

  1. le jalonnement du parcours pl. Aine => pl. D. Dussoubs
  2. le jalonnement du parcours pl. Aine => av. St-Surin
  3. le jalonnement du parcours pl. Aine => pl. des Carmes
  4. le jalonnement du parcours  pl. D. Dussoubs => pl. Aine
Proposition Véli-Vélo pour sécuriser les parcours cyclistes

Nous souhaiterions que les modifications envisagées ne soient réalisées qu’après les vacances de Toussaint, comme le prévoyait l’arrêté d’aménagement provisoire, pour voir si la circulation des bus est plus fluide hors période scolaire.

En effet, une grande partie du trafic aux heures de pointe est générée par de la dépose/récupération d’élèves en voiture au plus près des établissements scolaires du secteur.

Il faut mettre en valeur les alternatives à ces pratiques (bus et marche à pied) et offrir des perspectives en affichant une réelle ambition sur le déploiement du BHNS (Bus à Haut Niveau de Service).

Par ailleurs, la stagnation du service V’Lim, alors qu’il connait un véritable engouement et que les listes d’attente s’allongent, n’est pas un bon signal. Notre agglomération n’est-elle pas par ailleurs mature pour proposer de la location de vélos en libre service ?

Les aménagements provisoires sont un premier essai réussi, il faut à présent le transformer !

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