À Limoges, le vélo n’est plus une pratique marginale. Il progresse vite, il est attendu, et il pourrait répondre à de nombreux enjeux du territoire. Le WWF, la FUB et Véli-vélo publient une étude socio-économique complète pour mesurer précisément les bénéfices du REVEL, le Réseau Express Vélo à Limoges.
Les résultats sont sans appel.
Un constat partagé : le vélo progresse, mais le réseau ne suit pas
Ces dernières années, la pratique du vélo a fortement augmenté à Limoges. En effet, la participation au Baromètre vélo a plus que doublé depuis 2021, les comptages cyclables battent des records, et l’usage du vélo à assistance électrique a levé une grande partie des freins liés au relief.
Pourtant, nous faisons le constant que le territoire reste très en retard en matière d’infrastructures cyclables structurantes : absence de pistes cyclables sécurisées dans le cœur de ville, discontinuités, sentiment d’insécurité massif lors du baromètre vélo et accidents graves impliquant des cyclistes.
Les habitantes et habitants de Limoges Métropole le disent clairement : ils veulent des itinéraires cyclables continus, sécurisés, rapides et lisibles, utilisables par toutes et tous.
Le REVEL : un réseau structurant pour changer d’échelle
C’est pour répondre à cette demande que Véli-vélo a conçu le REVEL – Réseau Vélo à Limoges.
Pensé à l’échelle de Limoges Métropole, le REVEL est un réseau express vélo continu et sécurisé, reliant les quartiers d’habitat, les communes, les pôles d’emplois, les établissements scolaires, les équipements de santé et les zones commerciales.
Pourquoi une étude socio-économique ?
Pour dépasser les débats d’opinion et apporter des éléments objectifs au débat public, Véli-vélo, la FUB et le WWF ont réalisé une étude socio-économique complète du REVEL, en complément d’une étude nationale sur le potentiel des réseaux express vélo (REV).
Objectif :
- mesurer qui serait desservi,
- évaluer le potentiel de report modal,
- chiffrer les bénéfices sociaux, sanitaires, environnementaux et économiques.
–> Lien vers l’étude socio-économique complète et l’atlas cartographique.
Des bénéfices massifs, mesurables et concrets
Un réseau utile au plus grand nombre
Si le REVEL était déployé tel que proposé :
- 72 % de la population de Limoges Métropole, soit environ 150 000 habitants, se trouveraient à moins de 3 minutes à vélo du réseau ;
- 92 % des emplois (plus de 80 000) et 89% des établissements scolaires seraient accessibles à moins de 600 mètres ;
- 82 % des équipements et services du quotidien seraient rapidement accessibles.
Le REVEL se distingue également par une excellente desserte des publics modestes :
- 92 % des habitants des quartiers prioritaires,
- 86 % des ménages sous le seuil de pauvreté,
- 88 % des logements sociaux se trouveraient à proximité immédiate du réseau.
Un fort potentiel de report modal
Aujourd’hui, 70 % des trajets domicile-travail concernés sont réalisés en voiture, alors même que de nombreux trajets ont des distances compatibles avec le vélo.
Avec le REVEL :
- 12 000 actifs pourraient utiliser le vélo pour se rendre au travail, dont 11 000 automobilistes qui pourraient abandonner leur voiture au quotidien ;
- jusqu’à 20 % du trafic automobile pourrait disparaître sur les trajets pendulaires.
La part modale kilométrique du vélo ferait ainsi une progression spectaculaire en passant de moins de 1 % à 17 %.
Le REVEL serait également un formidable outil de désenclavement, car il fournirait une nouvelle solution de mobilité à 44 000 personnes qui ne sont pas desservies par les transports en commun. À terme, 75 % des habitants seraient desservis par la combinaison des transports collectifs et du REVEL, contre 55% aujourd’hui.
Des bénéfices sanitaires et environnementaux majeurs
Ce report modal aurait des effets immédiats :
- –18 % d’émissions de gaz à effet de serre liées aux trajets domicile-travail, (soit environ 110 tonnes de CO₂ évitées par semaine) ;
- 11 millions d’euros économisés chaque année en carburant et frais automobiles pour les ménages concernés ;
- 38 millions d’euros par an de coûts sociaux de santé évités, grâce à l’augmentation de l’activité physique.
Un investissement rapidement rentabilisé
Le coût total du REVEL est estimé à 100 millions d’euros.
Mis en regard des 38 millions d’euros de bénéfices sanitaires annuels, l’investissement serait amorti en moins de trois ans.
Peu de projets d’infrastructure peuvent afficher un tel retour sur investissement, tout en produisant des bénéfices durables pour la santé publique, l’environnement et la qualité de vie.
Un projet réaliste et finançable
Déployé sur dix ans, le REVEL représente environ 50 € par an et par habitant.
Il peut être réalisé quasiment à budget constant, en mobilisant les budgets voirie existants, le SDIAC, les synergies avec le projet Moovéo, et des cofinancements publics.
À titre de comparaison, ce montant est inférieur à celui de la création de la 2×2 voies de la RN147 entre Couzeix et Nieul (132 M€ pour 6,5 km et 1 minute gagnée). Bien que cette route ne relève pas de son domaine routier, Limoges Métropole y contribue à hauteur de 10,5 millions d’euros.
Le vélo, un levier pour transformer Limoges
Au-delà des chiffres, le REVEL est un projet de transformation du territoire :
- une ville plus calme et moins bruyante,
- un air moins pollué,
- des rues plus agréables,
- des commerces et services mieux accessibles,
- une image plus attractive et moderne.
Une ville plus cyclable est tout simplement une ville plus désirable.
Conclusion : le REVEL, un choix de bon sens
Le diagnostic est posé, le projet est prêt, les bénéfices sont chiffrés et la demande sociale est forte. Le REVEL est crédible, utile, rentable et attendu.
À Limoges, le potentiel cyclable est là. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas une idée de plus, mais la décision de le lancer.





