Archives de catégorie : Aménagements

France Bleu donne la parole à Véli-Vélo

Suite a la parution de notre dernier article sur notre site, nous avons été sollicités par France Bleu Limousin pour répondre à une interview.
Nous avons accepté de nous y soumettre.
Ce n’est pas si souvent que nous avons l’occasion d’exprimer publiquement l’exaspération et le découragement des usagers cyclistes Limougeaud.
Cette interview a été diffusée le lundi 28 septembre dans différents reportages des éditions locales du journal du matin de France Bleu Limousin.
L’enregistrement de l’édition de 8h est disponible quelques temps en archive sur le site de France Bleu Limousin (rubrique « Informations ») :

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?tag=limousin

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=B5ZlHbJbnlE]

Selon les heures de diffusion, les reportages et les morceaux d’interview étaient différents.

De façon générale, nos propos ont été exploités fidèlement (même si le journaliste insiste surtout sur la colère et l’exaspération dans l’édition de 8h, sans approfondir les dysfonctionnements des aménagements cyclables) .

Ce coup de colère n’est pas un dénigrement gratuit de la municipalité. Nous aurions évidemment cent fois mieux souhaité que notre concertation aboutisse à de réelles avancées.

L’association s’étant donné pour mission de défendre les intérêts des cyclistes urbains, elle n’a pas d’autre choix que de tirer sur tous les leviers permettant de faire bouger les choses, d’autant plus lorsque la situation semble bloquée…

Ville de Limoges, mauvaise foi et non respect des engagements

Suite à la réunion du 2 juillet 2009 sur l’aménagement de la rue de Feytiat, la Ville de Limoges a transmis à Véli-Vélo un rapport (lien ci dessous) :

2009.07.03 Réunion travail Véli vélo.pdf

Ce dernier, pour le moins succinct, laisse croire que l’association Véli-Vélo soutient sans réserves les choix d’aménagements décidés par la Municipalité.
Ce n’est évidemment pas du tout le cas (voir article précédent ou lien ci dessous).

Réunion Mairie rue de Feyiat.pdf

En plus de cette exploitation malhonnête du partenariat avec l’association Véli-Vélo, les travaux réalisés rue de Feytiat ne respectent même pas les propres engagements de la Municipalité.

Les propositions d’aménagement à minima, jugées insuffisantes par Véli-Vélo, n’ont en effet même pas été appliquées telles qu’elles figuraient dans le rapport :

– Les bandes cyclables, lorsqu’elles existent, font la plupart du temps à peine 1,20 mètre de largeur, marquage compris (moins d’1 mètre dans le marquage), alors que le rapport préconisait entre 1,2 et 1,8 mètres.

largeur bande

– Ces bandes cyclables disparaissent à chaque intersection, à chaque arrêt de bus, à chaque zone de stationnement, à chaque apparition de voie pour tourner à gauche.

fin piste Tassigny

– Le jalonnement par pictogrammes (prévu dans toutes les zones dépourvues de bande cyclable) est totalement absent.

ilot central après

– Les sas aux feux sont dépourvus de bande d’accès latérale.

sas Tassigny2

Bien évidemment, aucune place de stationnement n’a été supprimée et la portion la plus dangereuse de la route (voie réduite par stationnements, ilots centraux, voies centrales pour tourner à gauche) n’a fait l’objet d’aucun aménagement.

stationnements

Comme d’habitude dans les aménagements limougeauds, la réinsertion forcée dans le flux automobile se fait de façon abrupte et dangereuse.

insertion

Si nous avions déjà des doutes sur les desseins de la Municipalité, aujourd’hui les choses nous apparaissent beaucoup plus claires.

En plus de ne faire aucun cas des cyclistes, la Ville de Limoges utilise l’association Véli-Vélo pour cautionner ses aménagements cyclables insuffisants et incohérents.

Triste récompense pour ceux qui font l’effort de laisser leur voiture au garage dans l’intérêt de leur ville…

Réfection rue de Feytiat, Véli-Vélo a donné son avis

ilot central

Nous avons été invités à participer aux réflexions sur l’aménagement cyclable de la rue de Feytiat dont les travaux se terminent actuellement.
Une réunion qui a eu lieu le 2 juillet à la mairie nous a permis de formuler quelques propositions.
Une fois de plus, la municipalité approuve nos propositions lorsqu’elles ne coutent pas plus cher et qu’elles ne modifient ni la circulation ni le stationnement automobile.
C’est mieux que rien, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire…

Vous pouvez télécharger le rapport détaillé de la réunion.

Réunion Mairie rue de Feyiat.pdf

N’hésitez pas à tester cet itinéraire cyclable et à transmettre vos remarques!

Quelques réflexions mi-sucre mi-sel sur la réunion du comité consultatif de circulation et de sécurité dans les déplacements du 18 mars 2009

Commençons par le sucre !

Il y a du positif dans les décisions prises par la municipalité. Et ce positif nous le devons à Limoges-Métropole et à monsieur Tardieux qui a été jusqu’à ces derniers jours, le fonctionnaire municipal chargé du vélo, parmi les nombreuses tâches qui lui incombaient. (aménagements urbains, déplacements et espaces naturels).

Une restructuration des services le conduit vers d’autres missions et nous aurons bientôt, officiellement, un nouvel interlocuteur qui devrait d’ailleurs être, théoriquement, une interlocutrice. Mais, avant de partir, il a mené à bien trois dossiers nous concernant et qui ont été validés durant la réunion du comité consultatif du 18 mars :

Deux de ces dossiers sont la continuation de la mise en place du réseau cyclable de Limoges débutée il y a quatre ans. Le premier concerne le boulevard de Beaublanc, qui, d’ici 2010 présentera un parcours cyclable, en partie sur route, en partie sur trottoir, en partie en contre-allée protégée par les voitures en stationnement. Il est même prévu de reculer une rangée d’arbres pour nous faire une petite place.

Le deuxième dossier concerne l’axe Leclerc-Zénith qui, là encore, devrait devenir cyclable jusqu’au Zénith et Ester courant 2010.

Le troisième dossier, concerne une de nos demandes : des petits parcs de stationnements pour nos vélos. Monsieur Tardieux nous a écoutés et sa proposition a été validée par le comité de consultation. Nous aurons donc, courant 2009, de petites structures pour attacher nos vélos : devant la faculté de droit et sciences économiques, devant la gare, au Pont Saint-Martial et … last but not least : un parking abrité, à la médiathèque.

Cela peut paraître modeste mais, personnellement, cela me réjouit fort. Tout aménagement allant dans le sens d’une visibilité et d’une légitimation du vélo est bon à prendre.

Fin du paragraphe sucré, on passe à présent au moitié sucré moitié salé

Quelles ont été les retombées de notre grande lettre collective demandant tout particulièrement une croissance des contre-sens cyclables ?

Pour l’instant, pas de retombées, ça c’est le sel MAIS … notre lettre n’est pas partie aux oubliettes et ça c’est le sucre. Elle a été épluchée attentivement. Je l’ai vue cette lettre, toute annotée de bleu, de rose et de jaune avec des numéros d’ordre de faisabilité, apposées devant chaque rue pour laquelle nous demandions la mise en place d’un contre-sens. L’affaire suit donc son cours. Limoges-Métropole, en liaison avec les services de la municipalité espère faire avancer doucement le dossier.

A présent, le sel

Premier point : il n’existe toujours pas de ligne budgétaire spécial vélo dans le budget de la municipalité. Les responsables de la voirie font ce qu’ils peuvent avec l’argent qui sert à tout ce qui concerne la voirie. Tant qu’il en sera ainsi, ils ne pourront que bricoler et tout dépendra de leur bon vouloir concernant ce transport doux. Tant qu’il en sera ainsi, on sera bien obligé de constater que le vélo, chez les élus de la municipalité limougeaude, reste le parent pauvre des transports doux, une lubie de gentils utopistes qui n’ont toujours pas compris que le vélo à Limoges, avec ses TERRIBLES côtes, ne concernera jamais plus qu’une poignée de jeunes gens sportifs.

Second point : Là, il s’agit juste de mon ressenti quant à l’image que les décideurs se font du vélo. Durant la réunion de ce comité, j’ai été frappée par le peu de confiance que nous autres cyclistes inspirions à l’assistance. Je ne peux dire exactement qui étaient les gens présents : quelques élus et divers responsables. Cette assistance, composée d’une bonne trentaine de messieurs, dont beaucoup d’un certain âge (le white Old Male Power), et de trois femmes, ne représente pas du tout, à mon avis, les évolutions en cours.

Quand il a été question des comportements des différents usagers de la voirie, le consensus était quasi-général sur le fait que les cyclistes roulent n’importe comment et grillent systématiquement les feux, quel que soit leur âge. J’ai demandé s’il existait des chiffres prouvant qu’effectivement les cyclistes se mettaient systématiquement en danger … aucun chiffre, juste une impression générale à laquelle tous ces automobilistes croyaient mordicus, à commencer par le représentant de la police nationale. Ce dernier m’a particulièrement surprise. Quelques instants auparavant, il avait expliqué avec assurance à un vieux monsieur qui trouvait que les voitures roulaient trop vite rue Ernest Ruben qu’il s’agissait là d’une impression, d’un vécu de piéton ne correspondant pas à la réalité objective. Cela ne l’a pas empêché peu après de faire passer son vécu d’automobiliste pour une realité objective. Il s’est tourné vers moi et m’a affirmé que si les cyclistes n’avaient pas plus d’accidents en ville, c’était UNIQUEMENT grâce au sang froid des automobilistes. Stupéfiant.

Le fait que les cyclistes ne soient impliqués dans aucun accident mortel ou grave à Limoges ? Le sang-froid des automobilistes ! Le fait qu’à Paris, malgré l’augmentation constante des cyclistes, le nombre de morts à vélo reste stable (5 par an) ? Le sang froid des automobilistes !

J’ai pris conscience alors à quel point la cause du vélo à Limoges n’était pas acquise dans l’esprit des décideurs et responsables de tous poils. Le vélo reste à leurs yeux un transport d’olibrius qui casse les pieds à tout le monde, autrement dit aux automobilistes, qui dans leur grande bonté, se contraignent à ralentir et à s’écarter pour ne pas les écraser, ce dont nous sommes priés de leur être fort reconnaissants.

Le point de vue du cycliste, fétu de paille sans protection, est occulté par ces messieurs. Le cycliste coincé dans les pots d’échappement, toujours aux aguets pour éviter de se prendre une portière, subissant les trompettes des klaxons vrillant douloureusement ses oreilles … ce point de vue est ignoré par ces messieurs. Le cycliste est un géneur qui a le toupet, quand une automobile s’est donnée un mal de chien pour le doubler, de la redépasser au feu suivant. Le cycliste est un géneur, obligeant les automobilistes, horreur des horreurs,  à RALENTIR.

Une seule solution pour que cette vision des choses évolue : être de plus en plus nombreux en ville et obtenir que, très vite, nos petites infractions au code de la route conçu pour les voitures, deviennent légales comme elles le sont déjà dans plusieurs villes.

Il est logique qu’à un feu rouge, le cycliste tourne à droite. Il évite ainsi de le faire au vert avec le flot des autos et se met ainsi moins en danger.

Il est urgent que le code de la route intègre le fait qu’un vélo n’est pas une voiture. Le code de la rue prévu pour 2010 dans toute la France ira dans ce sens et nos « amis » automobilistes comprendront alors que parfois, la seule façon de se protéger pour un vélo est bel et bien de commettre une infraction. Ces dernières seront enfin autorisées !

Je ne vous cache pas que ce qui m’a le plus inquiétée au sortir de cette réunion, c’est le représentant de la police nationale ! Je comprends mieux à présent ce qui est arrivé à mon fils, fouillé au corps sur le trottoir devant tout le monde par des policiers qui l’ont également contraint de vider son sac … parce que, à vélo, il venait de rouler sur un trottoir. Le jour où la police, à Limoges, fouillera au corps les automobilistes qui se garent n’importe où, grillent des feux ou doublent un vélo en le frôlant de très près, je saurai que le vélo est enfin reconnu et respecté comme il doit l’être c’est-à-dire comme un transport citoyen, respectueux de l’environnement et de la vie d’autrui tandis que l’auto est enfin considérée comme elle doit l’être : une machine polluante, principale cause des morts violentes en France et des mutilations handicapant chaque année des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et … d’enfants.